Le Maître-Autel

Il  y a deux jours de cela, le 13 janvier, nous fêtions la Saint Hilaire. L'occasion pour moi de revenir sur l'un des édifices de notre patrimoine architectural religieux à savoir : l'église Saint-Hilaire de Givet.

Quelques mots d'Histoire. . .

L'église Saint-Hilaire, détruite en 1675 par le Maréchal de Créquy, fut reconstruite en 1682 par Vauban, ce célèbre  architecte militaire. On y trouve d'ailleurs l'inscription qui le mentionne sur le haut retable du maître-autel, « VAUBAN 1682 ». Elle fut bombardée à nouveau en 1696 et rouverte le 20 août 1698. 1702, date inscrite au plafond entre la nef et le ch?ur, semble indiquer la fin des travaux de reconstruction.

Située place Carnot au centre ville, sur la rive gauche de la Meuse, elle est dédiée à Saint-Hilaire. Né en 315, il n'y a pas moins de 1700 ans, il fut l'un des premiers évêques de Poitiers. Vous contemplerez un buste reliquaire de ce dernier, en bois doré (XVIIIème siècle) à l'intérieur de l'édifice. Mais ne soyez pas trop gourmand, chaque chose en son temps?

Parlons d'abord de son architecture

Il est évident que cette église possède un look peu commun. Parée de pierres bleues et coiffée d'un clocher aux formes des plus« originales » il est décrit par Victor Hugo de manière assez étonnante, lors de son passage à Givet. Son aspect massif peut paraître assez froid, pourtant elle n'en est  pas moins chaleureuse et protectrice. En effet, ses murs épais et élevés ainsi que ses nombreuses galeries souterraines pouvaient constituer un abri sûr lors d'éventuelles attaques. On reconnait bien là ce cher Vauban ! ?

Un autre élément vient attirer notre attention lorsque l'on se pavane dans les rues non loin de l'église. Une idée ? Hum?les devinettes ne sont pas votre fort à ce que je vois ! Cette voûte de pierres qui marque l'entrée de la ruelle dite de la « fausse porte », qu'une grande partie des Givetois empreinte, sans même se rendre compte, qu'elle se trouve directement sous le ch?ur de l'église. Incroyable non ? Et si vous êtes doté d'une imagination débordante, la « fausse porte » vous montrera peut-être son vrai visage!  ?

Et si nous entrions à l'intérieur ?

Je vous évoquais tout à l'heure le reliquaire baroque en bois peint et doré de Saint-Hilaire. Savez-vous qu'il recèle une relique authentifiée par un parchemin daté du XIIIème siècle ? Je vous invite donc à ouvrir l'?il et partir à la recherche des angelots cachés. Bon, je vous souffle quand même la réponse juste au cas où? on ne les aperçoit pas de suite mais en y regardant de plus près, vous discernerez les figures joufflues de deux angelots emmitouflés dans un repli de la chasuble de l'évêque.

Un léger quart de tour et vous voilà maintenant face au Maître-autel, tout aussi remarquable et aux dimensions gigantesques. Il est orné d'un grand tableau, donné par l'Etat en 1852, représentant, sous la signature de Rivoulon, le Crucifiement. Sur les côtés, de magnifiques stalles s'offrent à vous. Elles furent sculptées par des artistes liégeois vers la fin du XVIIème, début du XVIIIème siècle et représentent des Saints de l'Ordre Franciscain. Sachez que ces stalles proviennent en réalité de l'ancienne église des Récollets située rue Clémenceau.

Même si je me ferais une joie de vous relater tous les trésors qu'enferme cette admirable église, je préfère garder une part de mystère et vous laisser ici. Mais si vous passez dans le coin, et que vous n'y êtes jamais entré, n'oubliez pas qu'il vaut mieux tard que jamais ! ?

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